lundi, 26 juin 2017

L'union l'Ardenais 08-02-2013

L'Association des paralysés de France récompensée à Angoulême

Ce n'était pas le festival de Cannes mais presque. Les membres de l'atelier BD de l'APF ont reçu l'hippocampe d'or lors du dernier festival international d'Angoulême. Leurs planches dénonçant le conflit en Syrie ont emballé un jury professionnel prestigieux.
«U N vrai travail de pro. » Le compliment est d'autant plus beau qu'il vient d'une pointure de la BD. C'est par ces mots que Zep, père du célèbre personnage à la houppette Titeuf, a remis l'hippocampe d'or aux membres de l'atelier BD de l'association ardennaise des paralysés de France (APF) lors du festival international de la BD à Angoulême. Il s'agit de la plus haute distinction du concours organisé par l'association Hippocampe qui milite pour l'accès des jeunes et des adultes aux arts et à la culture. « Une surprise » et « une fierté » pour Emmanuel Trussardi et Jean Hottin, dessinateur et scénariste, ainsi que leur encadrant Frédéric Hottin, à l'atelier de l'APF, avenue Léon-Bourgeois à Charleville-Mézières.

« Il va falloir faire attention à ne pas avoir les chevilles qui enflent », plaisante Emmanuel Trussardi pour mieux cacher une émotion sur laquelle les mots ne peuvent être mis.
Leurs deux planches en noir et blanc ont pourtant emporté l'unanimité du jury, composé - excusez du peu - de Zep, Frank Margerin, Serge Carrère, Christophe Cazenove, ou encore Duf qui les a distingués parmi 902 autres œuvres en compétition !

Ce qui a fait la différence ? La surprise. Les trois compères ont détourné le thème imposé qui était cette année « Silence… on tourne ». Il était donc moins question de cinéma que de politique et de cynisme : « On est parti du conflit en Syrie. Et de commenter l'impuissance des images face à ce carnage et le silence de la communauté internationale », détaille Frédéric Hottin.

Des contatcts pour un album
La première planche met en scène un professeur au nom de Bogdanov - « un clin d'œil humoristique » de la part de Jean Hottin, dont le goût pour la caricature ne se dément pas - qui revient sur des chefs-d'œuvre du cinéma : Méliès, Chaplin…

« A l'époque, la fabrication d'images était le fait de vrais techniciens et des artistes. Et puis on arrive à aujourd'hui, où tout le monde peut faire des images avec un téléphone. » Le lecteur croit alors à un récapitulatif imagé de l'hiloire du cinéma et des images.

Et là, surprise. S'enchaînent les unes aux autres des images aux traits plus réalistes, décrivant des cités orientales bombardées, des civils apeurés et des chars sillonnant les rues.
Et comme un générique de fin, une dernière vignette en noir énumérant dans les « rôles principaux, Bachar al Assad, le boucher d'Alep, Hu Jintao et Vladimir Poutine… avec l'aimable collaboration de la communauté internationale ».

Une démarche quasi militante qui avait été à l'origine d'un précédent travail primé en 2011 par un 1er prix remis par l'association Hippocampe. Mais cette fois-ci, leur œuvre a fait mouche. En plus de recevoir un voyage gratuit à destination de leur choix, les membres de l'APF ont eu la joie « d'être approchés par des éditeurs qui étaient intéressés par notre travail, peut-être pour faire un album ».